les causes de sa régression

Peuplement homogène : hêtraie pure
Peuplement homogène : plantation d’épicéa
  • Peuplement homogène : hêtraie pure
  • Peuplement homogène : plantation d’épicéa

• Bien qu’encore relativement répandue, la gélinotte des bois est l’espèce de tétraonidés dont la distribution a le plus régressé au cours des 30 dernières années en France mais aussi dans certains secteurs d’Europe centrale.

A basse altitude dans le domaine feuillu, la régression semble liée au vieillissement du taillis qui lui convenait parfaitement alors que la futaie n’offre pas assez d’abris nécessaire à une bonne survie des adultes. En montagne, le régime de la futaie régulière stricte avec nettoiement des plantations conduisant à l’élimination des essences compagnes a fortement dégradé ses conditions de vie mais ce cas de figure est peu répandu dans les forêts résineuses d’altitude jurassiennes où la futaie jardinée domine.

Actuellement, la gestion forestière pratiquée en forêts publiques au dessus de 1000 m d’altitude dans le Jura est globalement favorable à l’espèce avec l’abandon des nettoiements systématiques autrefois pratiqués. Cependant, certaines régressions locales semblent indépendantes des variations de la qualité de l’habitat et suggèrent l’intervention de phénomènes démographiques qui échappent grandement à notre compréhension.

La gélinotte des bois est vulnérable à la fragmentation des boisements du fait de sa faible aptitude à traverser les milieux ouverts. De plus les faibles distances parcourues par les juvéniles lors de leur dispersion limitent les possibilités de recolonisation des bons habitats désertés.

 

• La gélinotte des bois se trouve au milieu des réseaux trophiques et de ce fait, est une proie pour de nombreuses autres espèces : renard, martre, sanglier, autour des palombes, blaireau, corvidés et même les chiens errants. Pourtant, sa vie arboricole lui permet d'échapper à la plupart des dangers et son plumage lui assure un excellent mimétisme au sol. La prédation est majoritairement effectué sur des immatures. Le taux de survie d'une population sur le massif jurassien est de 49,1% des individus par année et l'espérance de vie moyenne est égale à 3,4 ans (DESBROSSES - 1997). Il a été constaté qu'un hiver doux sera défavorable à la gélinotte car elle favorisera la venue de prédateurs opportunistes (renard, sanglier, rapaces…) alors que normalement seule la martre est présente en période hivernale.

 

 • Contrairement au grand tétras, la gélinotte des bois est peu sensible aux dérangements touristiques en période hivernale du fait d'une corpulence plus petite qui lui permet de fuir plus facilement et d'une nourriture hivernale plus riche. Comme tous les oiseaux nichant au sol, elle reste cependant vulnérable à la divagation des chiens et à une fréquentation intensive en période de couvaison.