cycle de vie

En hiver, les feuillus dominent dans le régime alimentaire de la gélinotte : chatons de noisetier et de bouleau, bourgeons et fruits d’aubépine… la gélinotte va passer l’essentiel de son temps à rechercher de la nourriture et à se reposer.

Lorsque les températures descendent très bas et que la hauteur de neige le permet, la gélinotte se protègent en se laissant ensevelir sous la neige (igloo).
Voir - Ses indices de présence -

Au printemps, les bourgeons de hêtre et de saule, apportent une nouvelle ressource alimentaire à la gélinotte des bois. Elle s’en nourrit abondamment (90% de son régime printanier) afin de prendre du poids et faire des réserves pour la période de couvaison. A cette période elle consomme également des jeunes pousses de la strate herbacée comme les bourgeons de myrtille. La recherche de nourriture s’effectue en couple.

La période de reproduction commence au début du mois de mars, parfois plus tard en fonction de l'état de l'enneigement, par les parades nuptiales qui durent jusqu'à la fin du mois d'avril/début mai. Contrairement aux autres espèces de tétraonidés, la gélinotte des bois est monogame, elle vit en couple. Les gélinottes sont mâtures dés la première année ; elles s’apparient même dès leur premier automne et peuvent rester ensemble tout l’hiver (20%  des cas). Le chant débute par des appels de la poule et les mâles donnent des réponses soutenues à ces appels. Contrairement à d'autres espèces de tétraonidés qui se regroupent sur un même secteur durant toute la période de reproduction, la gélinotte des bois  ne chante et ne parade jamais aux mêmes endroits, ni à des postes fixes, ni à des horaires précis. En pleine période, les mâles peuvent chanter toute la journée et ce si la densité d'oiseaux non appariés est importantes. En effet, comme il existe en général plus de mâles que de femelles, 10 à 60% restent célibataires et ne participent pas à la reproduction. En revanche, l'activité vocale est presque nulle si un couple est isolé du reste de la population.

Durant toute cette période, le couple maintient des liens spatiaux très étroits. Le mâle opère comme un vigile. Si la femelle s'éloigne, il la suit pour éviter des accouplements extraconjugaux mais aussi surveiller et détourner des attaques de prédateurs.

Tant que la poule n'a pas pondu, les activités vocales sont importantes. Si un autre mâle s'approche, il l'intimide en courant dessus, cou tendu, plumes de la queue en éventail et huppe dressée.

La poule changera de partenaire si le coq meurt ou s'il est assez affaibli pour être chassé par un autre individu.

Commence alors une danse séductrice du coq. Il fait sa révérence à la poule en inclinant la tête en avant à coup de grandes roulades. Puis, il s'approche de la poule en gonflant les plumes de la poitrine et en hérissant la huppe. Il laisse pendre ses ailes mais ouvre la queue en éventail. A pas lents il tourne autour de poule qui finira par se laisser cocher.

 


Après la fécondation, la femelles pond de 7 à 10 oeufs* qu’elle couve seule dans une cuvette aménagée à même le sol à proximité d’un élément protecteur comme une souche ou un rocher. L’emplacement du nid est choisi en fonction du caractère drainant du sol, évitant ainsi à l’eau de s’accumuler. D’après des observations réalisées sur des oiseaux en captivité et contrairement au grand tétras, c’est le mâle qui est à la recherche du site pour l'emplacement du nid. Lorsqu’il pense avoir trouvé un emplacement de qualité il incline sa poitrine au sol pour montrer sa découverte à la poule.

La couvaison durera de 25 à 27 jours. La poule quitte le nid deux fois par jour pour se nourrir rapidement (1 heure environ). A cette période les contacts avec le mâle sont moins fréquents. Le pic des éclosions se situe fin mai début juin en montagne mais plus tôt en plaine. Le dernier jour de couvaison, la poule ne quitte pas le nid. La totalité des œufs éclot en quelques heures. L'éclosion semble synchronisée par le pépiement des jeunes déjà sortis de l'œuf.

Les poussins sont nidifuges, c'est à dire qu'ils quittent le nid très rapidement après l'éclosion, dès que leur duvet a séché. A la naissance les poussins pèsent 10 grammes environ et mesure 10 cm de long. Les petits commencent à voler sur de courtes distances au bout de 8 jours et s’envolent normalement après la troisième semaine.

* une ponte de remplacement est possible mais les effectifs seront moins importants.

Le succès de la reproduction est difficile a estimer. SCHATT (1995) à mis en évidence une régression normale du nombre de jeunes durant les premiers mois de leur vie. La diminution est constante, passant de 7,27 poussins à l'éclosion à moins de 5 deux mois plus tard, puis 3 jeunes à trois mois et demi (vers fin août).

En été, la gélinotte se nourrit de feuilles et inflorescences de nombreuses plantes de la strate herbacée et recherche activement les fruits disponibles : myrtille, fraise des bois, framboise, sureau…

La femelle, très protectrice, accompagne lors des trois premières semaines ses petits à la recherche d'une nourriture riche en protéine, composée essentiellement d'invertébrés (diptère, araignée, coléoptère...). Au bout d’un mois les petits ont doublé leur poids et taille (20 gr et 20 cm de long). A la fin de l’été ils ont atteint 75% de leur croissance avec 300 gr et 28 cm de long environ. Ils seront totalement indépendants à l’âge de 3 mois et leur régime alimentaire sera alors identique à celui de leurs aînés.

 

 

A cette période la gélinotte des bois est moins territoriale que durant le printemps. En effet on peut assister fréquemment à des rassemblements de couples et de célibataires sur une même clairière.

Dès la fin septembre, de nombreux petits fruits sont présents en forêt. Elle affectionne la myrtille et les framboises mais se sont les sorbes et les cenelles qui sont le plus appréciée par la gélinotte des bois. Plus bas en altitude, elle consomme également des fruits secs comme les glands et les samares. Les femelles regagnent le poids perdu durant la période de couvaison (50-100 grammes) pour atteindre 425 à 450 grammes et affronter l’hiver dans les meilleures conditions.

C'est à cette période que les jeunes commencent à montrer des signes d’indépendance. En effet 60 jours après la naissance les jeunes mâles chantonnent, la bavette noire se développe et ils deviennent agressifs envers les autres jeunes. La nichée se dissolue et les jeunes se disperssent vers de nouveaux territoires. D'après une étude menée par l'ONCFS dans les Alpes du Sud, où des juvéniles ont été équipés de radios émetteurs, les jeunes mâles se dispersent beaucoup plus du site de naissance que les femelles et traversent des espaces ouverts plus importants.

 

Les mâles adultes quant à eux s'activent pour défendre leur territoire contre les nouveaux arrivants. On assiste donc à une deuxième période de territorialité pour les couples qui cherchent à conserver leur territoire par le biais de chant et toutes sortes d’intimidations face aux jeunes en dispersion.