des forêts pour la gélinotte des bois

La gélinotte des bois est une espèce forestière qui ne quitte pratiquement jamais le couvert protecteur des arbres. On la rencontre dans une grande diversité d'habitats forestiers de 200 à 1800 mètres d'altitude, quelles que soient l'exposition, le substrat ou l'essence arborescente dominante. L'altitude ne constitue donc pas directement un facteur limitant.

La structure de la végétation a plus d'importance que sa composition spécifique. La gélinotte est un oiseau forestier, vivant dans les forêts mixtes ou de feuillus, dont la présence est fondamentale pour sa survie hivernale (alimentation). Plusieurs types de forêts peuvent être distingués, selon les différentes régions de son aire de répartition :

- Taïga (de la Scandinavie jusqu'en Sibérie centrale) : Les forêts boréales de conifères constituent l'habitat typique de la gélinotte des bois. Les forêts sombres des stations humides sont marquées par l'abondance du bouleau et de l'aulne. Le tremble et les saules sont également présents. Le tapis d'éricacées constitue un élément très favorable. L'épicéa joue le rôle d'abri et de protection vis à vis des prédateurs.

 

- Forêt de basse altitude d'Europe de l'est (Pologne, Lettonie...) : Les associations les plus favorables sont celles qui sont riches en épicéas et dont la strate arbustive est dense : noisetier, bouleaux, aulnes... La strate inférieure y est assez clairsemée et variée : éricacées, mélampyre, cypéracées...

 

- Forêt de montagne (Bavière, Jura,  Alpes...) : Globalement, la gélinotte des bois fréquente les jeunes peuplements issus de régénérations naturelles ou de plantations d'au moins 5 mètres de hauteur, les futaies irrégulières traitées en futaie jardinée quand subsiste suffisamment d'arbustes, les pré-bois pâturés dans les secteurs où la couverture boisée dépasse 50%, les tourbières en cours de boisement par l'épicéa ou le pin à crochets et les terrains agricoles abandonnés à divers stades de recolonisation forestière. Ces derniers constituent souvent les habitats optimaux, à la différence des jeunes peuplements résineux issus d'une gestion assez interventionniste qui limite l'envahissement des arbustes. Les essences arborescentes essentielles sont alors le sapin, l'épicéa, le hêtre, l'érable, le sorbier et le noisetier. A l'étage subalpin, la présence de la gélinotte des bois est liée aux sorbiers.

- Forêt de feuillus d'Europe occidentale (Lorraine...) : Dans ces massifs de plaine à basse altitude, la gélinotte des bois habite les forêts de feuillus pures, où elle recherche particulièrement les taillis de 10 à 20 ans, les taillis de futaie claire, les aulnaies ou les aulnaies-frênaies dans les bas fond tourbeux et les chênaies sèches buissonnantes envahies ou non par le buis. L'enrésinement progressif de ces zones a entrainé la raréfaction de l'espèce.

 

Malgré cette diversité, il parait nécessaire que trois composantes doivent  être réunies pour que l'espèce s'y installe :

- une strate arbustive abondante et diversifiée pour que l'espèce trouve son alimentation hivernale (bourgeons et chatons) : noisetier, aulne, sorbier, alisier, aubépine...

- une strate herbacée diversifiée pour l'alimentation estivale et l'élevage des jeunes.

- un degré d'encombrement important de la végétation entre 1 et 7 mètres de hauteur, sous la forme de branche ou de petites tiges de résineux ou celle d'un taillis de feuillus, qui lui fournit une protection contre les prédateurs (rapaces notamment).

 

Le domaine vitale de la gélinotte des bois varie de 10 à 50 hectares en fonction de la ressource alimentaire présente. Par les structures citées ci-dessus, dont elle a besoin dans son habitat, la gélinotte des bois est typiquement une espèce pour laquelle on doit rechercher un effet patchwork.

 

De quoi s'agit il ?

Le patchwork est un mélange hétérogène d'éléments assemblés les uns aux autres. En forêt, nous considérons que pour obtenir un effet patchwork, il s'agit de réaliser une sylviculture diversifiée en mêlant les approches différentes. D'un point de vue sylvicole, le martelage par "bouquet" est a favoriser. La création de petites trouées, égales à la hauteur du peuplement, favorisent l'irrégularité horizontale de la végétation ce qui entretient en permanence, par rotation, les stades pionniers très appréciés par l'espèce.

Dès que la gélinotte des bois a trouvé un territoire qui lui convient, elle ne le quitte pas. C'est un oiseau sédentaire.